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L’une des exposition de l’édition 2008 de design parade permet d’appréhender les jardins de la villa noailles telles que les souhaitaient Charles et Marie-Laure de Noailles.
Durant l’Entre-deux-guerres ils commandent Gabriel Guévrékian un jardin exceptionnel pour leur villa d’Hyères en 1926. Largement publiées et commentées, cette réalisation participe à l’essor que connaît l’art du jardin dans l’Entre-deux-guerres. En effet, durant cette période, le jardin se prête à de nombreuses expérimentations esthétiques et devient un lieu de convergence des arts et de l’architecture. La sculpture et la peinture modernes sont de nouvelles sources d’inspiration : Lipchitz, les Martel et les Delaunay jouent un rôle indirect mais décisif dans ce processus de renouvellement des modèles formels du jardin.
Le mécénat du couple Noailles s’inscrit bien sûr dans ce mouvement, mais aussi dans une histoire familiale et personnelle. Si l’on sait que les jardins seront le destin de Charles de Noailles, qui devient après la seconde Guerre Mondiale un grand spécialiste de la flore méditerranéenne, le fait que sa mère, la Princesse de Poix, soit membre de la très sélective Association des Amateurs de Jardins est moins connu. De la même manière, il faut rappeler que la mère de Marie-Laure, Marie-Thérèse de Chevigné possède à Grasse un magnifique jardin «pan-méditerranéen » conçu par Ferdinand Bac, précurseur d’une sensibilité nouvelle. Le mariage de Charles et Marie-Laure de Noailles se déroule dans ce cadre splendide en janvier 1923. Avec de tels antécédents, le couple ne peut faire autrement qu’innover et mettre en oeuvre des manifestes insurpassables, pour lesquels ils choisissent avec pertinence les concepteurs autant que les oeuvres d’art ou le mobilier qui les compléteront.
Mais les Noailles seront peu imités. À part quelques amateurs éclairés (Jacques Rouché, directeur de l’Opéra de Paris ou le couturier Jacques Heim) et des expositions éphémères, l’utopie des jardins modernes ne donne lieu qu’à très peu de réalisations. Parti d’Autriche, le mouvement sera surtout suivi en France, avec des échos plus ou moins sophistiqués en Belgique, Italie ou Allemagne. Pourtant, les architectes veulent alors donner une place nouvelle au jardin qu’ils rationalisent ou intègrent directement dans leurs constructions. Le toit-terrasse s’impose alors comme la réponse rationnelle aux problèmes de l’habitat urbain, aux coûts des terrains et aux besoins de sport et d’hygiène qui régissent la vie moderne.
Avec ses 700m2 de toit-terrasse et son parvis, la villa d’Hyères est un bel exemple de ce type d’aménagement. La construction dessinée par Mallet-Stevens est elle-même une suite de jardins suspendus ouverts sur le paysage.
En 1948, l’histoire fait une boucle pour revenir à son point de départ : Charles de Noailles achète à Grasse la villa qui avait inspiré à Ferdinand Bac sa vocation de créateur de jardin et en réaménage le parc avec l’architecte Emilio Terry. L’esthétique est cette fois très classique, mais il y applique ses théories personnelles et en fait son chef d’oeuvre. Il continue par ailleurs à s’occuper de ses nombreux jardins, dont celui d’Hyères qu’il transforme en un des plus beaux parcs du Var, ouvert au public depuis 1974. Reconnu comme une sommité dans ce domaine, il devient le président de la Société Française d’Horticulture et même le vice-président de la société anglaise équivalente.
A voir à hyeres jusqu’au 21 septembre 2008
D’autres infos sur le site de la villa

Commissariat : Stéphane Boudin-Lestienne
Scénographie : David Dubois





























