

:: L’exposition GOYA, Les Caprices & Chapman, Morimura, Pondick, Schütte, Reekie ::
Le Palais des Beaux-Arts présente exceptionnellement dans son intégralité l’une des plus belles pièces de sa collection d’art graphique : la série des Caprices de Goya (1799).
Énigmatique, la célèbre suite d’estampes anticipe la syntaxe satirique de l’art contemporain. Pour cette raison, le musée propose de témoigner de son importance actuelle en présentant les artistes revendiquant l’influence directe du maître espagnol, tels l’artiste japonais Yasumasa Morimura, les anglais Jake et Dinos Chapman et David Reekie, l’allemand Thomas Schütte et l’américaine Rona Pondick.
:: Goya : les Caprices ::
Francisco de Goya y Lucientes (Fuendetodos, 1746 – Bordeaux, 1828 ) compte, avec Diego Velázquez, parmi les plus grands peintres de l’école espagnole et de l’histoire de l’art européen. Il est aussi un dessinateur et un graveur hors normes, l’un des plus importants au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, comme le furent Dürer pour le XVIe siècle et Rembrandt pour le XVIIe siècle.
En 1792, la surdité de Goya transforme sa vie et son art. Il crée dès lors des oeuvres aux tons plus sombres, d’une force expressive d’une grande originalité, portant un regard critique sur les événements et la société de son temps. Les Caprices, abordant trois grands thèmes, un premier consacré aux relations amoureuses, un second à la satire sociale et un troisième à la religion et à la sorcellerie où le fantastique règne davantage, sont une des expressions majeures de cette révolution artistique et esthétique au crépuscule du siècle des Lumières.
La série des Caprices se compose de 80 estampes réalisées à l’eau-forte, à l’aquatinte, parfois rehaussées de burin et de pointe sèche. La première édition parut après plus de deux années de travail. Ces images satiriques d’une grande finesse d’imagination sont comme des rébus dont la subtilité de lecture pose de nombreuses interrogations sur leur interprétation. En explorant l’âme humaine, Goya conféra à ces estampes un langage universel et intemporel.
:: Les caprices contemporains ::
L’exposition contemporaine regroupe la série Los Nuevos Caprichos du photographe plasticien japonais Yasumasa Morimura et une sélection des estampes Like A Dog Returns To Its Vomit des artistes londoniens Jake & Dinos Chapman.
Ces deux oeuvres importantes, créées en 2004-2005, sont directement inspirées des Caprices.
Los Nuevos Caprichos photographiques de l’artiste japonais Yasumasa Murimora, incarnant seul tous les personnages des célèbres estampes, ouvrent l’univers de Goya au jeu de la parodie. Ainsi démultipliés, les travestissements de Morimura démontrent l’universalité de l’absurdité et de l’obscénité humaine.
Saluée comme une des plus importantes séries d’estampes de l’art contemporain, l’ensemble Like A Dog Returns To Its Vomit des britanniques Jake & Dinos Chapman fait cohabiter leur étrange galerie de portraits, de faces grimaçantes, de créatures et de personnages hybrides avec les chimères du peintre espagnol. Transposant l’univers de Goya, l’esthétique des deux frères projette ces saynètes dans le fantastique d’anticipation.
Ce point de vue contemporain est complété d’un choix de volumes, trois couples des figurines United Enemies de l’artiste allemand Thomas Schütte, deux sculptures de l’américaine Rona Pondick et enfin deux autres figures de l’anglais David Reekie. Cette sélection renvoie à l’héritage artistique des grands caricaturistes tels que Daumier et Messerschmidt, que nous ne pouvons pas écarter dans un discours sur le fantastique satirique. Mais ces volumes, surtout, rendent compte de la prééminence du thème de la métamorphose comme discours sur notre monde en mutation où l’humain s’interroge autant sur sa généalogie que sur son évolution.
A voir jusqu’au 28 juillet 2008 (Expo prolongée au 17 août)
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Plus d’infos sur le site du musée
Le guide de visite de l’exposition (PDF)











