
Poses et passages. Photographies de John Batho
Sur plusieurs séries de silhouettes ou de simples traces lumineuses, le photographe John Batho développe un dialogue poétique entre pertes d’identité et attestations de présences ténues.
Si le musée des beaux-arts est souvent identifié comme un lieu consacré à l’art “classique”, il s’implique également dans le soutien à l’art contemporain en accueillant régulièrement des artistes d’aujourd’hui.
Le projet proposé par John Batho s’inscrit dans le prolongement de son exploration des particularités de l’empreinte photographique et de l’exposition Présents & absents, présentée en 1999 à Vilnius et 2000 au musée Nicéphore Niepce de Chalon-sur-Saône. Photographiées derrière un verre embué, des personnes anonymes semblaient peu à peu se désincarner et se diluer au contact de l’écranmiroir pour devenir d’évanescentes silhouettes. A travers ce dispositif jouant de l’apparition et de la disparition, de l’identité à la fois individuelle et universelle, l’artiste posait la question de la représentation et de la mémoire. Dans le cadre de son intervention à Dijon, John Batho souhaite aller encore plus loin dans cette expérience afin de parvenir à un effacement formel :
« Je retiens de la lumière naturelle son caractère fugace et malléable. Captée par des surfaces opaques ou filtrée par des écrans transparents, elle me permet une déclinaison de son inscription. Le titre « Poses et passages » renvoie d’abord à la banalité de l’acte, au temps de pose, au sujet saisi dans l’instant. Mais les oeuvres rassemblées pour cette exposition ont pour finalité l’expression d’une réalité dans ce qu’elle a de plus ténu et de plus fuyant. »
L’exposition présentera à travers trois salles près de 50 tirages photographiques, dont une quinzaine de grands formats, faisant appel aux technologies de l’image les plus innovantes et aux supports les plus divers. Les oeuvres sélectionnées seront pour la plupart inédites et celles, déjà exposées par le passé, le seront sous une forme nouvelle. Sur cinq séries de silhouettes (Présents & absents, Passants) ou de simples traces lumineuses (Papiers lumière, Ecrans, Instants), réalisées entre 1992 et 2007, John Batho développe un dialogue poétique entre pertes d’identités et attestations de présences ténues.
La scénographie, à la fois sobre et dépouillée, est à l’image de ce travail tout en demi-teinte et en retenue. Au détour d’une salle ou d’un couloir, les visiteurs peuvent se croiser et se frôler, tels ces passants anonymes saisis par l’objectif du photographe… Un passage, une pause dans le temps suspendu du musée…
A voir au musée des beaux arts de Dijon Jusqu’au 15 septembre 2008
Plus d’infos sur le site du musée
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