
Le Musée de la Visitation propose de découvrir un pan méconnu de l’histoire des principales villes de France au travers des fêtes organisées lorsque François de Sales, Jeanne de Chantal et Marguerite-Marie Alacoque furent déclarés saints par l’Eglise. Pour la première fois, une exposition d’envergure consacrée à ces fêtes est organisée en France.
Depuis le pontificat de Jean Paul II, les canonisations semblent une procédure courante de l’Eglise. Mais la réalité fut toute autre par le passé.
En effet, même si le concile de Trente (1545-1563) réaffirma, face à la réforme protestante l’importance du culte des saints, seules seize canonisations furent déclarées pendant les cent années qui suivirent.
Aussi en 1665, François de Sales, que l’élan populaire encensait de son vivant, devient le premier saint de langue française depuis plus de cent ans. A cette date, 120 des plus grandes villes de France et de Savoie accueillent déjà un monastère de la Visitation. Ces communautés constituent le point central de l’engouement populaire qui va se manifester pour cet événement historique, générant un foisonnement de célébrations partout en Europe.
La ferveur de l’ensemble de la société civile et le faste déployé à cette occasion dépassèrent l’entendement et se renouvelèrent au cours des siècles suivants pour Jeanne de Chantal (en 1767) et Marguerite-Marie Alacoque (1920).
Cette exposition retrace la richesse de ces festivités par une scénographie reproduisant des décors d’époque et la présentation de plus de 150 objets tous inédits, qui allient à l’or et l’argent des textiles brodés et des pièces d’orfèvrerie, de magnifiques compositions monastiques de papiers roulés et de perles. Cette exposition vous permettra d’entrevoir l’atmosphère d’exubérance qui préfigurait presque Versailles lorsqu’il était meublé d’argent…
Pourquoi une telle exposition à Moulins ? Sainte Jeanne de Chantal, fondatrice de l’ordre de la Visitation, y est morte en 1641. Depuis 1991, Moulins a accueille une exposition permanente, puis un musée, consacrés à la valorisation et la sauvegarde du patrimoine artistique de cet ordre.
Ce projet unique en France (unique puisqu’il n’existe nul équivalent ni pour l’ordre de la Visitation ni pour aucun autre grand ordre religieux) est né du désir de monastères de faire connaître leur Institut, sa spiritualité et son Histoire. Depuis, 79 monastères de France, d’Europe et d’Amérique du Nord et du Sud participent à cette aventure par le dépôt de plus de six mille trois cents objets qui couvrent cinq siècles d’art.
Ainsi quelques unes des plus extraordinaires pièces de ces collections sont visibles dans l’Hôtel Demoret, l’un des plus attrayants immeubles de la Ville, encore emprunt de l’architecture gothique. Le financement de cet aménagement a été intégralement assuré par la Ville de Moulins et le Conseil général de l’Allier.
A voir au Musée de la Visitation et de la vie bourbonnaise jusqu’au 15 novembre 2008
Plus d’infos sur le site du musée

Illustration : Voile de calice – détail Or, argent, perles – 1665











